
Aguila - Partie 3
Dehors, sous le porche, je fume une cigarette en regardant la route et le désert éclairé par la pleine lune. La porte claque derrière moi, un rancher s’accoude a coté de moi, il ne me regarde pas et commence à parler. Je ne le voyais pas si vieux le Marlboro man. Il m’est apparu comme Jésus surgit dans le coin d’une cellule et parle au truand enfin sauvé…Enfin presque. J’étais un peu déçu, il a pas tant de conversation que ça, en même tant dans les pubs, à part fumer des blondes, frimer avec son lasso et se promener à cheval il fait pas grand-chose. 2 longueurs de cigarettes plus tard j’en savais beaucoup plus sur les ranchs, les chevaux et la région.
A l’intérieur, la famille s’agite toujours autant, on chante « go get the money and run !! » en choeur. Je retrouve ma Bud et mon calepin. On partage des blagues avec Jerry, il me tape dans la main toute les 2 minutes en laissant éclater un rire gras. Wayne commande pour moi, les Budweiser s’alignent devant nous, il me parle de la saison de la chasse qui commence, il est tout excité. A côté de lui, au milieu des têtes de cerfs, les drapeaux américains sont décorés d’aigles et expliquent que « god bless America »
Quand j’arrive enfin à passer un peu de temps seul avec mon stylo, le vieux cow-boy à côté de moi se retourne dans ma direction « alors t’es français ?»
« Oui monsieur, je suis français… » « Raconte lui ta vie vieux Jim ! vas y ! » Jerry intervient, « bahhh » Il remonte son stetson et entame son histoire avec dans le ton de sa voix une intention claire de faire au plus court. Il me raconte brièvement qu’il est rancher et qu’aujourd’hui encore il a plus de 20 chevaux, à son âge, plus jeune il faisait du rodéo, pratique courante dans la région et ce qui le rend différent des autres et fait de lui une star du coin, c’est qu’il a fait doublure de Clark Gable dans « the misfits » film mythique dans lequel joue Marylin Monroe. Comment diable, me suis-je dit, ai-je pu choisir ce bar, m’asseoir a cet endroit-là, à côté de ce type qui a vécu telle experience. Le destin. Il m’a parlé de ses souvenirs, je lui ai parlé de mes voyages, ça a duré un moment. À la fin de chacune de mes phrases, s’il ne me faisait pas répéter, (il était un peu dur d’oreille) il se tournait un peu en disant « Is that right ?? . Et puis, fatigué, il s’est retourné, a rabaissé son stetson et finit sa bière. 2 minutes plus tard, la serveuse me posait mon enieme bud à côté des autres qui s’empilaient sans désemplir. « C’est de la part du vieux Jim »
November 7, 2008
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