Publié par Eric Antoine à l'adresse Monday, January 28, 2008 3 commentaires
Je viens de me réveiller et voilà le petit scénario à deux sous que mon cerveau m’a offert pendant mon sommeil.
Lucien (je crois qu’il s’appelait ainsi, en tout cas si je devais lui donner un nom, une fois réveillé, ça serait ça) se lève à l’aube, il fait encore totalement nuit dehors, dans quelques minutes va commencer la routine glaciale d’un jour d’hiver.
Il habite seul au 5 eme étage d’un immeuble moderne.
Il s’assure qu’il a ses clefs, sa mallette, son pardessus, son écharpe et il ferme sa porte à clefs.
La lumière de l’ascenseur est encore cassée.
Une semaine sur 2, les voyages dans ce foutu ascenseur se font dans le noir total. Une fois la porte fermée, il ne voit plus rien et le sommeil le rattrape. Il cherche à tâtons sur le mur et appuie sur un bouton. L’ascenseur descend. 1 étage, 2 étages, 3 étages… il dépasse le rée de chaussée et la sortie de l’immeuble.
Lucien commence à s’inquiéter, il n’a jamais trop aimé le noir, mais il sait qu’il y a deux sous sols, un pour le parking, un pour les caves.
La porte s’ouvre enfin quand l’ascenseur atteint l’étage le plus bas. Toujours aucune lumière pour déranger l’obscurité.
Il ne voit rien, mais entend clairement 3 pas et sent la présence d’un second passager dans le placard ascensionnel qui se referme doucement.
Soudain, le temps s’arrête pour Lucien, il avait déjà remarqué comme la notion de temps est troublée quand on se retrouve avec un inconnu dans un ascenseur. La situation est toujours gênante, comme si quelqu’un le surprenait et s’installait sans un mot à ses cotés dans sa baignoire ou ses toilettes.
Dans l’obscurité son odorat et son ouie sont décuplés, il entend clairement le souffle d’une autre personne, il capte même son odeur,.
Il y a un placard obscure, deux personnes étrangères l’une à l’autre, le silence, et le mystère.
Finalement il prend peur, il s’imagine qu’il s’agit peut être d’un vagabond qui a passé la nuit dans la cave, un voleur qui vient de finir sa mission et ne laissera pas de témoins, ou bien encore une créature inconnue et hostile.
Il se sent observé, il peut se faire bondir dessus à tout instant, Plus il y pense, plus son anxiété grandit.
Lucien hésite à anticiper, à frapper le premier. Il panique et commence a transpirer.
L’obscurité rend impossible les gestes que nous faisons tous dans l’embarras que cause un ennuyeux « voyage » en ascenseur. Jouer avec nos clefs, se ronger un ongle, se recoiffer, faire semblant de chercher quelque chose dans un sac, lire une notice d’utilisation sur le cadran de contrôle comme s’il s’agissait d’un passionnant roman, ressortir un vieux prospectus de sa poche ou une publicité pour la feuilleter avec grand intérêt, et pour les plus braves, engager une conversation de politesse avec son compagnon de route. Il ne fait rien de tout ça. Il sent les gouttelettes de transpiration perler sur son front et sa mallette glisser de sa main moite.
Ces 2 étages font 100 mètres de haut. Leur vitesse est de 0,1 Km heure.
Il cherche quelque chose dans sa poche, sans faire de bruit, quelque chose qui pourrait le défendre en cas d’attaque de ce passager clandestin. Lucien est tapi contre le fond de l’ascenseur quand celui ci s’arrête net dans un soubresaut commun mais exceptionnellement effrayant.
Ses yeux sont exorbités, même dans le noir ça doit se voir, il serre fort ses dents et ses poings. La porte s’entrouvre. La liberté, enfin, après 1 années d’une minute de détention. La lumière des lampadaires le libère enfin de sa cellule obscure, le fait qu’il aie neigé renforce la luminosité de ce petit matin, la porte est maintenant complètement ouverte, mais il ne bouge pas.
Il ne sort pas. Il essaie de comprendre. Les yeux fermés, comme si ça ne lui avait pas suffit.
Il est seul dans l’ascenseur.
Publié par Eric Antoine à l'adresse Friday, January 25, 2008 0 commentaires


"Nature teaches more than she preaches. There are no sermons in stones. It is easier to get a spark out of a stone than a moral."
John Burroughs
Publié par Eric Antoine à l'adresse Tuesday, January 22, 2008 0 commentaires
Publié par Eric Antoine à l'adresse Tuesday, January 15, 2008 3 commentaires
Publié par Eric Antoine à l'adresse Wednesday, January 09, 2008 0 commentaires
J'ai reçu cette citation en réponse a mon dernier texte:
"...Ce qui fait que le monde me trompe par ses perspectives, ses brouillards, ses chocs détournés, c'est que je consens, c'est que je ne cherche pas autre chose. Et ce qui fait que le tyran est maître de moi, c'est que je respecte au lieu d'examiner. Même une doctrine vraie, elle tombe au faux par cette somnolence. C'est par croire que les hommes sont esclaves. Réfléchir, c'est nier ce que l'on croit. Qui croit ne sait même plus ce qu'il croit. Qui se contente de sa pensée ne pense plus rien. »
Alain.
Publié par Eric Antoine à l'adresse Monday, January 07, 2008 0 commentaires
Résolution impossible pour 2008 et les années à venir :
Fuir la vie d'homme gâté par le monde moderne, soumis inconsciemment à la torture mentale journalière de son indécision face aux choix multiples de sa propre existence, son hésitation à la croisée d'innombrables chemins de vie aussi tentants les uns que les autres et tellement accessibles.
Fuir la vie d'un être écartelé entre ses sentiments, ceux de ses proches, ses envies, la morale, la politesse et l'opinion des ses congénères.
Ne plus désirer l'inaccessible au détriment des bonheurs déjà acquis. La gourmandise, la convoitise, la jalousie et l'envie modèlent les caractères des individus insatiables que nous sommes, dans une sorte de quête de la perfection, de l'ultime bonheur, de la vérité.
On en arrive parfois à regretter le dur destin paisible des chrétiens des siècles passés. Voués à une destinée héréditaire, leur vie remise entre les mains de leur famille et d'un Dieu dont l'existence n'était pas remise en cause. Bercés par une insouciance collective, les choix se faisaient naturellement, ou plutôt, fatalement ("voilà ta femme, mon fils, j'espère que vous serez heureux, que Dieu protège votre couple" (voire "ta famille va mal, mon fils, c'est le Diable qui abat son chaos, prie chaque jour et ton épouse et tes enfants guériront")).
On en arrive parfois à regretter ces civilisations où la liberté de penser était proscrite, pour le propre bien des (non) individus. Des choix simples, limités tout d'abord par une dépendance géographique et un accès à la réflexion fortement déconseillé par les autorités.
L'homme du 18ème siècle passait une année entière à fabriquer une paire de chaussures pour son fils et la lui offrait à Noël en regardant sa progéniture en larmes devant une telle bonté. L'Allemand de l'Est en 1983 n'avait pas à se soucier du choix de ses vêtements, c'était costume ou jogging ("choisis entre ces trois modèles, camarade"). Comment se perdre devant un seul type de téléphone, trois tapisseries dans le catalogue, deux parfums de sirop, une seule sorte de bougie et quatre modèles de voitures ?
Tromper sa femme était un crime dont tout le monde redoutait la punition, l'État contrôlait l'immoralité, le bonheur ne s'envisageait pas dans le doute et l'indécision - c'était comme ça, un point c'est tout. La liberté comme ennemi du bonheur, comme un fait entendu, irréfutable.
Est-ce qu'un juste milieu serait possible?
Si j'avais eu des grands-parents sages, ils m'auraient certainement dit d'une voix solennelle et remplie de tristesse (comme les vieux savent si bien le faire) que les hommes les plus libres et les plus proches de la "vérité" vivaient seul et sans déscendance dans un taudis de nos jours. Pas besoin d'être un vieux sage, même les vrais cons d'aujourd'hui sont souvent là pour te rabâcher que "tu ferais mieux de profiter de la vie plutôt que d'en chercher le sens, tu finiras seul, ruiné et sans enfant."
Pourtant, on continue à chercher, expérimenter, ressentir de la nostalgie, de la mélancolie, de l'amour, des coups de foudre ; on poursuit nos questionnements sur notre véritable identité, le sens de notre vie, persuadés que la solitude, le manque d'argent et d'enfant ne sont pas de réels problèmes comparés à ceux qui existent vraiment quand on ose les regarder en face.
Publié par Eric Antoine à l'adresse Monday, January 07, 2008 2 commentaires
Publié par Eric Antoine à l'adresse Monday, January 07, 2008 2 commentaires

I didn't take this photo of my friend Xavier. His girlfriend Coline did.
They are not my friends on Facebook.
Publié par Eric Antoine à l'adresse Thursday, January 03, 2008 2 commentaires
Publié par Eric Antoine à l'adresse Wednesday, January 02, 2008 0 commentaires