Résolution impossible pour 2008 et les années à venir :
Fuir la vie d'homme gâté par le monde moderne, soumis inconsciemment à la torture mentale journalière de son indécision face aux choix multiples de sa propre existence, son hésitation à la croisée d'innombrables chemins de vie aussi tentants les uns que les autres et tellement accessibles.
Fuir la vie d'un être écartelé entre ses sentiments, ceux de ses proches, ses envies, la morale, la politesse et l'opinion des ses congénères.
Ne plus désirer l'inaccessible au détriment des bonheurs déjà acquis. La gourmandise, la convoitise, la jalousie et l'envie modèlent les caractères des individus insatiables que nous sommes, dans une sorte de quête de la perfection, de l'ultime bonheur, de la vérité.
On en arrive parfois à regretter le dur destin paisible des chrétiens des siècles passés. Voués à une destinée héréditaire, leur vie remise entre les mains de leur famille et d'un Dieu dont l'existence n'était pas remise en cause. Bercés par une insouciance collective, les choix se faisaient naturellement, ou plutôt, fatalement ("voilà ta femme, mon fils, j'espère que vous serez heureux, que Dieu protège votre couple" (voire "ta famille va mal, mon fils, c'est le Diable qui abat son chaos, prie chaque jour et ton épouse et tes enfants guériront")).
On en arrive parfois à regretter ces civilisations où la liberté de penser était proscrite, pour le propre bien des (non) individus. Des choix simples, limités tout d'abord par une dépendance géographique et un accès à la réflexion fortement déconseillé par les autorités.
L'homme du 18ème siècle passait une année entière à fabriquer une paire de chaussures pour son fils et la lui offrait à Noël en regardant sa progéniture en larmes devant une telle bonté. L'Allemand de l'Est en 1983 n'avait pas à se soucier du choix de ses vêtements, c'était costume ou jogging ("choisis entre ces trois modèles, camarade"). Comment se perdre devant un seul type de téléphone, trois tapisseries dans le catalogue, deux parfums de sirop, une seule sorte de bougie et quatre modèles de voitures ?
Tromper sa femme était un crime dont tout le monde redoutait la punition, l'État contrôlait l'immoralité, le bonheur ne s'envisageait pas dans le doute et l'indécision - c'était comme ça, un point c'est tout. La liberté comme ennemi du bonheur, comme un fait entendu, irréfutable.
Est-ce qu'un juste milieu serait possible?
Si j'avais eu des grands-parents sages, ils m'auraient certainement dit d'une voix solennelle et remplie de tristesse (comme les vieux savent si bien le faire) que les hommes les plus libres et les plus proches de la "vérité" vivaient seul et sans déscendance dans un taudis de nos jours. Pas besoin d'être un vieux sage, même les vrais cons d'aujourd'hui sont souvent là pour te rabâcher que "tu ferais mieux de profiter de la vie plutôt que d'en chercher le sens, tu finiras seul, ruiné et sans enfant."
Pourtant, on continue à chercher, expérimenter, ressentir de la nostalgie, de la mélancolie, de l'amour, des coups de foudre ; on poursuit nos questionnements sur notre véritable identité, le sens de notre vie, persuadés que la solitude, le manque d'argent et d'enfant ne sont pas de réels problèmes comparés à ceux qui existent vraiment quand on ose les regarder en face.
January 7, 2008
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2 commentaires:
Une excellente année à toi ausii !!!
Germain
eric, je t'assure que tu te serais fait chier comme un rat mort au 16ème siècle, c certain, et t'aurais été tout le temps malade en plus.
dis toi qu'on a bien de la chance de pouvoir choisir entre toutes ces marques de dentifrices
et puis il vaut mieux finir seul, sans enfant et avec plusieurs dentifrices, que maqué, frustré, parent pauvre, avec qu'un seul dentifrice
à bientot
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