January 25, 2008

Je viens de me réveiller et voilà le petit scénario à deux sous que mon cerveau m’a offert pendant mon sommeil.


Lucien (je crois qu’il s’appelait ainsi, en tout cas si je devais lui donner un nom, une fois réveillé, ça serait ça) se lève à l’aube, il fait encore totalement nuit dehors, dans quelques minutes va commencer la routine glaciale d’un jour d’hiver.
Il habite seul au 5 eme étage d’un immeuble moderne.
Il s’assure qu’il a ses clefs, sa mallette, son pardessus, son écharpe et il ferme sa porte à clefs.
La lumière de l’ascenseur est encore cassée.
Une semaine sur 2, les voyages dans ce foutu ascenseur se font dans le noir total. Une fois la porte fermée, il ne voit plus rien et le sommeil le rattrape. Il cherche à tâtons sur le mur et appuie sur un bouton. L’ascenseur descend. 1 étage, 2 étages, 3 étages… il dépasse le rée de chaussée et la sortie de l’immeuble.
Lucien commence à s’inquiéter, il n’a jamais trop aimé le noir, mais il sait qu’il y a deux sous sols, un pour le parking, un pour les caves.
La porte s’ouvre enfin quand l’ascenseur atteint l’étage le plus bas. Toujours aucune lumière pour déranger l’obscurité.
Il ne voit rien, mais entend clairement 3 pas et sent la présence d’un second passager dans le placard ascensionnel qui se referme doucement.
Soudain, le temps s’arrête pour Lucien, il avait déjà remarqué comme la notion de temps est troublée quand on se retrouve avec un inconnu dans un ascenseur. La situation est toujours gênante, comme si quelqu’un le surprenait et s’installait sans un mot à ses cotés dans sa baignoire ou ses toilettes.
Dans l’obscurité son odorat et son ouie sont décuplés, il entend clairement le souffle d’une autre personne, il capte même son odeur,.
Il y a un placard obscure, deux personnes étrangères l’une à l’autre, le silence, et le mystère.
Finalement il prend peur, il s’imagine qu’il s’agit peut être d’un vagabond qui a passé la nuit dans la cave, un voleur qui vient de finir sa mission et ne laissera pas de témoins, ou bien encore une créature inconnue et hostile.
Il se sent observé, il peut se faire bondir dessus à tout instant, Plus il y pense, plus son anxiété grandit.
Lucien hésite à anticiper, à frapper le premier. Il panique et commence a transpirer.
L’obscurité rend impossible les gestes que nous faisons tous dans l’embarras que cause un ennuyeux « voyage » en ascenseur. Jouer avec nos clefs, se ronger un ongle, se recoiffer, faire semblant de chercher quelque chose dans un sac, lire une notice d’utilisation sur le cadran de contrôle comme s’il s’agissait d’un passionnant roman, ressortir un vieux prospectus de sa poche ou une publicité pour la feuilleter avec grand intérêt, et pour les plus braves, engager une conversation de politesse avec son compagnon de route. Il ne fait rien de tout ça. Il sent les gouttelettes de transpiration perler sur son front et sa mallette glisser de sa main moite.
Ces 2 étages font 100 mètres de haut. Leur vitesse est de 0,1 Km heure.
Il cherche quelque chose dans sa poche, sans faire de bruit, quelque chose qui pourrait le défendre en cas d’attaque de ce passager clandestin. Lucien est tapi contre le fond de l’ascenseur quand celui ci s’arrête net dans un soubresaut commun mais exceptionnellement effrayant.
Ses yeux sont exorbités, même dans le noir ça doit se voir, il serre fort ses dents et ses poings. La porte s’entrouvre. La liberté, enfin, après 1 années d’une minute de détention. La lumière des lampadaires le libère enfin de sa cellule obscure, le fait qu’il aie neigé renforce la luminosité de ce petit matin, la porte est maintenant complètement ouverte, mais il ne bouge pas.
Il ne sort pas. Il essaie de comprendre. Les yeux fermés, comme si ça ne lui avait pas suffit.
Il est seul dans l’ascenseur.

0 commentaires:

player