Publié par Eric Antoine à l'adresse Monday, October 31, 2005 2 commentaires

"Le petit matin pâle a des odeurs d'essence."
Il fait froid, la lumière perce leurs paupières. On a oublié de tirer les rideaux, de fermer la fenêtre ; dans l'euphorie nocturne, ce genre de petits détails passent inaperçus. Ils n'ont pas pensé au lendemain. À l'après. Ils vivaient le présent, l'excitation, l'inconnu, ta chambre ou la mienne?, la soie qu'on relève, les boutons ôtés à la va-vite, le flou des baisers avides, les chaussures retirées sans même en défaire les lacets - pressés, trop pressés pour perdre la moindre seconde. Et désormais, tout est blanchâtre, neutre, vide. Elle, elle dort encore, dos à lui. Ça vaut mieux. Il ne veut plus la voir. Imaginer sa lourde tête écrasée contre l'oreiller - bouche béante, un filet de salive s'en échappant peut-être, traits chiffonnés, rimmel émietté partout sur les pommettes - imaginer ce visage-là, celui qui l'a fait jouir hier, le répugne aujourd'hui. Rien n'est plus pareil.
Il sort une cigarette en frissonnant à cause d'un courant d'air. C'est à peine s'il parvient à l'allumer, tant il tremble. Fermer la fenêtre. Non, elle se réveillerait, les femmes sont des sorcières qui s'éveillent à l'instant exact où vous souhaitez fuir - elles doivent sentir la couette glisser, ou bien la lâcheté possède un parfum particulier que leur nez sait reconnaître. Mais devoir rester semble pire... Attendre qu'elle réagisse d'elle-même, stagner entre ces draps sales faute de mieux ; elle va remuer doucement, comme un serpent engourdi, et alors, sans qu'il n'ait le temps de se lever, ses bras l'entoureraient, pire que des tentacules, pires que des mains d'étrangleurs. Il ne peut pas continuer davantage, c'est au-dessus de ses forces. La répulsion, trop dense, le prend à la gorge. Odeur d'essence. Il saute du lit, presque effrayé, paranoïaque, le regard fixé sur les cheveux roux de peur qu'ils ne frémissent, et son pied bute contre quelque chose ; perte d'équilibre, il pousse un petit cri de surprise tétanisée. Il va tomber. Elle va se dresser en sursaut. Au secours.
Plus d'angoisse que de mal. Il n'a rien, et le monstre n'a pas cillé. Qu'est-ce qui l'a fait chuter? Ses chaussures. Pour le punir. Le punir d'avoir oublié que, quelques heures plus tôt, il était prêt à tout donner à cette femme. Il se sent con, le cul par-terre sur la moquette verte, en tête-à-tête avec une godasse qui lui fait la morale. Qu'importe. Il est encore temps. D'un geste, sans hésitation, il saisit sa paire de tennis, le peu de vêtements éparpillés par-ci par-là, et se faufile hors de cette chambre d'hôtel jusqu'à la sienne. En prenant l'ascenseur, soulagé, il ne se doute pas que la tête écrasée dans l'oreiller, qu'il craignait tant de réveiller et de croiser, cette tête a tout entendu, et le rimmel coule le long de ses joues - cette fois, pour de bon.
alexandra Geyser
Publié par Eric Antoine à l'adresse Sunday, October 30, 2005 7 commentaires
Publié par Eric Antoine à l'adresse Saturday, October 29, 2005 2 commentaires
Publié par Eric Antoine à l'adresse Friday, October 28, 2005 1 commentaires

You should try to sing shiny happy people from REM with those words: "Morning happy turkish schoolgirl" that's the tune i have in my head right now...
Publié par Eric Antoine à l'adresse Thursday, October 27, 2005 1 commentaires

The summer is gone,
The last photo taken in a swimming pool in germany.
and a few more,
In the lake, with Damien, jumping from the rope, while the leaves were already covering the water with their borwnish tone.
In the river in Zurich, lying on the wood, hangover, feet in the river, i could see the water already cold flowing in beetwen the wood boards, the water reflected on the tree leaves above me.
In a club swimming pool, with Charles in Rome. Sturday night.
Those were my goodbyes to the summer.
Publié par Eric Antoine à l'adresse Tuesday, October 04, 2005 0 commentaires
Publié par Eric Antoine à l'adresse Sunday, October 02, 2005 1 commentaires
Publié par Eric Antoine à l'adresse Saturday, October 01, 2005 2 commentaires